The news were mixed last week, as I flied back to the US, still feeling
exhausted by the flu that had delayed my return. The People of Maine
had approved Question 1, repealing the state law enacted in May to
legalize gay marriage, while in Washington Referendum 71, preserving a
domestic partnership law providing the same rights as marriage, was
approved. Barack Obama, a few days earlier, had announced the end of an
absurd 22-year ban on travel to the US by people HIV positive.
I had taken with me the wonderful new edition of Lautréamont in La Pléiade, together with Jean-Jacques Lefrère's biography of Isidore Ducasse. Under the surprisingly warm sun of Connecticut, these past few days, I have been reading Les chants de Maldoror, an extraordinary epic poem on homosexual pursuit.
I, no doubt, read too quickly this passage from Didier Eribon in Retour à Reims:
Notwithstanding, I had no recollection of any indication pointing to Dumézil's homosexuality in the book of interviews conducted by Eribon in 1987, nor in his biography of Michel Foucault published in 1989. But, in the course of Michel Foucault et ses contemporains (Fayard, 1994), Eribon, wrote:
I had taken with me the wonderful new edition of Lautréamont in La Pléiade, together with Jean-Jacques Lefrère's biography of Isidore Ducasse. Under the surprisingly warm sun of Connecticut, these past few days, I have been reading Les chants de Maldoror, an extraordinary epic poem on homosexual pursuit.
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I, no doubt, read too quickly this passage from Didier Eribon in Retour à Reims:
Mes premières aspirations à
l'écritures furent litéraires: je mis en route deux romans, auxquels je
consacrais beaucoup de temps, entre le milieu et la fin des années
1980. Le premier projet s'inspirait de mes relations - et de mes
conversations - avec Dumézil et Foucault. Je voulais y décrire trois
générations de gays à travers une chaîne d'amitié. Trois époques, trois
vies: marquées par des permanences et des changements. J'écrivis une
centaine de pages. Un peu plus, peut-être. Jusqu'au moment où, peinant
à progresser, je laissai cette liasse de feuillets dormir dans un
placard. Je revenais de temps à autres à ce que j'appelais 'mon roman',
imaginant que je réussirais un jour à le terminer. Las! Quand je lus
The Swimming-Pool Library d'Alan Hollinghurst, dont le projet se
rapprochait du mien, j'en admirai la maîtrise et mesurai le gouffre qui
séparait mes ébauches d'une oeuvre aboutie: je jetai, au sens litéral,
mon manuscrit à la poubelle.
Notwithstanding, I had no recollection of any indication pointing to Dumézil's homosexuality in the book of interviews conducted by Eribon in 1987, nor in his biography of Michel Foucault published in 1989. But, in the course of Michel Foucault et ses contemporains (Fayard, 1994), Eribon, wrote:
L'amitié
qui s'instaura entre Foucault et Dumézil à l'époque d'Uppsala a de quoi
surprendre. Certes, Foucault n'était pas encore le philosophe engagé
qu'il deviendra dans les années soixante-dix. Mais, tout de même, il
était à peine sorti du parti communiste quand il fait la connaissance
de celui qui le parrainait pour le poste d'Uppsala. De son côté, même
s'il avait renoncé depuis longtemps à toute participation à la vie
politique, Dumézil avait été, dans sa jeunesse, un proche de Maurras et
de l'Action française. Foucault ne l'ignorait pas. Pourtant les
différences d'âge et d'habitus politique ne firent pas obstacle:
Foucault se prit de passion pour Dumézil. Encore faut-il préciser que,
contrairement à ce que pourraient laisser croire les échos d'une
insistante rumeur, leurs relations n'allèrent jamais au-delà d'un
étroite amitié (note de bas de page: 'il ne s'est jamais rien passé
entre nous', m'a dit Dumézil). Même s'il est bien évident que la
complicité homosexuelle a joué un rôle déterminant dans la naissance et
l'épanouissement de cette amitié.
Dumézil avait tendance à considérer ses amis comme les membres d'une confrérie masculine, une sorte de franc-maçonnerie (note de bas de page: C'est le mot qu'emploie Foucault dans une conversation rapportée par Claude Mauriac: il parle, à propos de Dumézil, de la 'franc-maçonnerie homosexuelle de sa jeunesse'. (Claude Mauriac, Le Temps accompli, Grasset, 1991)) Sans doute ce trait de caractère lui venait-il de la manière dont il lui avait fallu vivre son homosexualité dans sa jeunesse, dans les années vingt, une époque où la répression et l'ostracisme étaient si brutaux que le secret était une nécessité subie, acceptée mais aussi retournée, parfois, en un mode d'être joyeux et ludique. La franc-maçonnerie homosexuelle, c'était l'envers de l'obligation d'avoir une double vie, la seule réponse possible à l'exclusion. (p125-126)
Dumézil avait tendance à considérer ses amis comme les membres d'une confrérie masculine, une sorte de franc-maçonnerie (note de bas de page: C'est le mot qu'emploie Foucault dans une conversation rapportée par Claude Mauriac: il parle, à propos de Dumézil, de la 'franc-maçonnerie homosexuelle de sa jeunesse'. (Claude Mauriac, Le Temps accompli, Grasset, 1991)) Sans doute ce trait de caractère lui venait-il de la manière dont il lui avait fallu vivre son homosexualité dans sa jeunesse, dans les années vingt, une époque où la répression et l'ostracisme étaient si brutaux que le secret était une nécessité subie, acceptée mais aussi retournée, parfois, en un mode d'être joyeux et ludique. La franc-maçonnerie homosexuelle, c'était l'envers de l'obligation d'avoir une double vie, la seule réponse possible à l'exclusion. (p125-126)
That's all folks!
2009.11.08